• Sivens : un barrage à contretemps

     

    Au-delà des questions politiques et humaines au cœur de l'actualité récente, le barrage du Testet, à Sivens dans le Tarn, est un exemple typique des aménagements dépassés et hors-sujet. Sa justification agronomique s'inscrit exactement dans la course en avant qui est en train de détruire l'agriculture française, et démontre une méconnaissance inquiétante des alternatives techniques qui permettraient sans problème aux agriculteurs de la région d'éviter le recours massif à l'irrigation.

     

    Face aux tensions créées par le dérèglement climatique, il est illusoire et suicidaire de croire qu'il serait possible à long terme et à grande échelle de forcer le milieu à s'adapter à une agriculture artificielle basée sur des théories hors-sol et des modèles standardisés. Bien au contraire, la seule démarche réaliste et scientifique consiste à réadapter l'agriculture au milieu. Cela implique à la fois de recréer une capacité des sols à retenir l'eau et à la fournir aux cultures, et de sélectionner des variétés végétales adaptées et évolutives. Le recours massif à l'irrigation est non seulement destructeur, il est également dépassé car inefficace à long terme.

     

    Retour sur un projet aberrant

     

    Avant de parler d'agronomie, il me faut bien revenir sur les évènements récents, leur source et leur déroulement. Ils éclairent en effet les conditions du « choix » imposé actuellement par les élus tarnais.

     

    En premier lieu, il est utile de savoir que le projet de barrage du Testet est la copie conforme d'un barrage déjà réalisé dans la même région à Fourogue. Or, le coûteux et surdimensionné barrage de Fourogue est aujourd'hui un gouffre financier, et se voit relégué dans l'illégalité suite à l'annulation de sa déclaration d'intérêt général. Une logique sous-tend par conséquent la construction du barrage du Testet depuis son démarrage : réitérer le tour de passe-passe réussi à Fourogue, en mettant tout le monde devant le fait accompli avant que la justice ne puisse arrêter les travaux.

     

    Autre fait troublant : l'organisme chargé de la « maîtrise d'ouvrage déléguée » et de la concession d'aménagement du barrage du Testet, la CACG (compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne), est le même qui a été chargé de l'étude d'impact ! Cette situation ne correspond-elle pas étrangement à ce que le droit appelle habituellement un conflit d'intérêt ? Comment s'étonner, dans ces conditions, que l'étude préalable ait écarté les objections et ait surdimensionné le chantier ?

     

    Vallée du Testet en août 2014

     

    Sur le plan environnemental, le projet prévoit de recréer une dizaine de petites parcelles humides d'un ou deux hectares, pour « compenser » la destruction d'une zone humide de 13 hectares. Cette prétendue compensation est jugée tellement hasardeuse et précaire que tous les avis scientifiques ont été négatifs (aussi bien les avis préalables au projet que l'expertise ministérielle récemment rendue publique). En effet, des petites parcelles atomisées et distinctes ne peuvent en aucun cas assurer la viabilité des espèces rares qui existaient dans la vallée du Testet (campagnol amphibie, grenouille agile, triton palmé, couleuvre verte et jaune...). En matière écologique, il faut faire montre d'une inquiétante incompétence pour additionner des surfaces en négligeant la question de la continuité des milieux de vie.

     

    8,5 millions d'euros pour 20 agriculteurs ?

     

    Sur le plan agronomique, le projet prétend permettre d'irriguer 81 exploitations agricoles de la région. Cette donnée est doublement douteuse. D'abord, parce que les riverains et les experts du ministère de l'écologie n'ont trouvé que 20 à 40 fermes susceptibles d'être concernées. Ensuite, parce que l'irrigation est essentiellement destinée au maïs (qui occupe la moitié des surfaces irriguées dans le Tarn), et que les volumes du barrage ne permettront d'irriguer que 800 hectares de maïs au maximum, soit 20 fermes si l'on suppose une moyenne de 40 ha de maïs irrigué par ferme.

     

    Sur un plan comptable, le projet revient donc à investir 8,5 millions d'euros pour 20 fermes, soit plus de 400.000 euros par agriculteur. Et encore ce calcul ne prend-il pas en compte les coûts de fonctionnement, estimés à 600.000 euros par an, soit 30.000 euros par an supplémentaire « offerts » sur fonds publics à chaque ferme concernée. La même somme investie dans la conversion à l'agriculture biologique (riche en emplois) permettrait de faire vivre des centaines de fermes et de créer considérablement plus d'activité ! Le choix politique du barrage est par conséquent totalement contraire aux attentes exprimées par la société, et représente une authentique gabegie.

     

    Ce n'est pas un hasard si l'expertise demandée par le ministère de l'écologie dénonce le manque de justification du projet et son surdimensionnement.

     

    Une course en avant meurtrière

     

    Il est utile de comprendre que la mort de Rémi Fraisse n'est qu'une conséquence « logique » de la politique engagée, celle d'une course en avant et d'une stratégie de la tension. Il est impossible d'aborder les alternatives agronomiques sans achever d'abord la présentation du contexte politique, qui explique pourquoi les promoteurs du barrage se sont enfermés sciemment dans un refus de toute alternative.

     

    Comme je l'évoquais plus haut, le montage initial témoignait déjà d'un parti-pris douteux et de procédures susceptibles d'être invalidées. Cette dimension est renforcée par le fait que le contrat confié à la CACG est une concession d'aménagement, signée sans aucune mise en concurrence – or, ce type de barrage relève obligatoirement de la notion de construction, qui impose une mise en concurrence. Il est donc fort probable que l'ensemble du projet soit retoqué par la justice dans deux ou trois ans. En outre, l'avis de l'enquête publique n'était favorable que « sous réserve de l'avis du Conseil National de la Protection de la Nature » (CNPN). Celui-ci a été clairement défavorable lors du projet initial tout comme lors de son réexamen récent. Il y a donc eu passage en force.

     

    Cette démarche est parfaitement illustrée par l'étape du déboisement du site. La fédération France Nature Environnement avait saisi le Tribunal administratif pour bloquer sa réalisation. Aussitôt, la CACG et les pouvoirs publics ont conjointement déployé massivement machines et gendarmes mobiles, de façon à « nettoyer » la zone de ses opposants et à couper les arbres à marche forcée. Le timing était précis : le déboisement était achevé quelques heures avant que le Tribunal administratif ne rende son avis. Même en cas de jugement défavorable, il aurait été trop tard...

     

    Vallée du Testet en octobre 2014 - Photo « collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet »

     

    Cette stratégie de la tension a conduit les pouvoirs publics à abdiquer toute raison. Depuis le début du chantier, les gendarmes multiplient les provocations pour pousser les opposants à se radicaliser (afin de justifier à rebours le recours à la force). Je n'avance pas là des suppositions mais m'appuie sur des faits. Le 7 octobre, un gendarme a lancé une grenade de désencerclement dans une caravane et grièvement blessé une occupante, comme le prouve cette vidéo. Non seulement ces grenades ne sont autorisées que de manière défensive dans le cas où des gendarmes seraient en danger d'être débordés et blessés, ce qui n'était évidemment aucunement le cas ici, mais elles sont en outre strictement interdites en milieu clos, où elles peuvent devenir très dangereuses. Malgré ce geste doublement illégal ayant eu de graves conséquences, ce gendarme n'a, aux dernières nouvelles, pas été poursuivi.

     

    Autre fait édifiant : lors de la manifestation festive et joyeuse du 25 octobre, il ne restait aucun engin sur le chantier, et donc strictement rien à protéger par les gendarmes. La fête organisée sur le site par les opposants ne comportait aucun risque d'aucune sorte, puisqu'elle n'était pas en ville et qu'il n'y avait rien à détruire ou dégrader. Rien, strictement rien, ne justifiait la présence de gendarmes, et encore moins une présence aussi massive et agressive. Rien sauf... la volonté de pousser les opposants à réagir et de provoquer des violences. Dans ces circonstances, la mort de Rémi Fraisse alors qu'il fuyait une charge de gendarmerie, tué par une grenade de désencerclement encore utilisée abusivement, n'est pas un hasard mais le résultat d'un processus révoltant.

     

    [Edit (07 novembre) : Médiapart révèle quelques précisions édifiantes et absolument révoltantes établies par l'enquête. La grenade utilisée était en fait une grenade offensive, interdite dans ce type de situation. Les autorités connaissaient les causes de la mort de Rémi Fraisse dès la récupération du corps... alors qu'elles ont fait semblant de l'ignorer pendant deux jours. Les autorités savaient que le sac à dos de Rémi avait été pulvérisé par la grenade... alors qu'elle ont prétendu pendant plusieurs jours que ce sac à dos avait été récupéré par des opposants pour faire entrave à l'enquête : ce mensonge, destiné à discréditer les victimes et minimiser la responsabilité des meurtriers, est tout simplement abject.]

     

    Ce constat n'excuse aucunement les violences également injustifiables perpétrées par quelques dizaines de provocateurs (dont rien ne prouve qu'ils soient réellement concernés par la lutte contre le barrage), mais il remet les responsabilités à leur place. Ce sont bien les pouvoirs publics et la CACG (dont la plupart des administrateurs sont des élus locaux « juge et partie » et des agriculteurs de la FNSEA) qui ont engagé sciemment un enchaînement de provocations et de passages en force pour contourner la loi. Le 25 octobre, ils ont clairement « créé » les conditions d'un affrontement au sein d'une soirée par ailleurs festive et sereine, et doivent en porter l'entière responsabilité.

     

    L'agriculture ne peut pas se baser sur une irrigation massive

     

    Dans ces conditions, il faut reconnaître que les arguments agronomiques sont bien difficiles à faire entendre, puisqu'il n'existe en réalité aucune volonté de les écouter. Essayons toutefois de les avancer.

     

    En premier lieu, le changement climatique conduit le Tarn à une fragilité hydrique accrue. Au lieu d'être niée et contournée par une inflation d'infrastructures et une course en avant industrielle, cette réalité doit être assumée et abordée franchement. Les variétés végétales utilisées par les agriculteurs (par obligation légale et par pression commerciale) sont standardisées et, inévitablement, inadaptées à des situations de faiblesse hydrique. La solution ne peut pas être d'obliger le monde réel à s'adapter à ces variétés chimériques !

     

    La seule solution agronomique sérieuse, déjà mise en œuvre par certains agriculteurs biologiques dans le Sud-Ouest, consiste au contraire à utiliser des variétés adaptées au milieu et capables d'évoluer en même temps que lui. J'insiste une fois de plus (cf. un précédent billet sur les semences) sur le fait qu'une plante doit co-évoluer avec son environnement au lieu d'être conçue à distance. Des variétés évolutives conduisent à ressemer les grains issus des épis les mieux adaptés aux nouvelles conditions climatiques, et permettent par conséquent de se passer d'irrigation. Oui, n'en déplaise à certains agronomes en chambre, il est parfaitement possible de faire évoluer des variétés, y compris en maïs, capables de résister à la sècheresse. Les maïsiculteurs d'AgroBioPérigord en ont fait la preuve depuis plusieurs années, avec leurs variétés « populations » de maïs, qui obtiennent sans irrigation des rendements et des résultats techniques extrêmement satisfaisants.

     

    Cette évolution est d'autant plus raisonnable que même les agriculteurs conventionnels du Tarn l'ont partiellement engagée. Bien que ne recourant pas encore à des variétés adaptées et évolutives, ils ont déjà réduit la part des surfaces irriguées de 18,5 % à 12,5 % de leurs surfaces en moyenne entre 2000 et 2010. C'est bien dans ce sens qu'il faut les accompagner.

     

    Restaurer la régulation hydrique des sols

     

    Plus globalement et plus fondamentalement, l'agriculture doit réapprendre à valoriser les capacités du sol au lieu de le détruire. Le Rodale Institute (États-Unis) a démontré que les sols conduits en agriculture biologique résistent considérablement mieux à la sècheresse que les sols conventionnels. Pourquoi ? D'abord parce que les terres conduites en bio alternent des cultures variées, voient leur fertilité assurée par des amendements organiques, et sont moins retournées. Cela les amène à être de deux à dix fois plus riches en matière organique, et à avoir une « structure » bien meilleure. Or ces deux facteurs permettent aux sols d'être des éponges, c'est-à-dire de capter l'eau lorsqu'elle tombe (sans la laisser ruisseler et provoquer par ailleurs des inondations) et de la restituer aux plantes lorsqu'elles en ont besoin. Ensuite parce que les agriculteurs bio ne laissent pas des sols rester « nus » en hiver et limitent donc les pertes d'eau. Enfin, parce que l'absence de recours aux fongicides permet le développement d'une mycorhize dense.

     

    Il est intéressant de dire deux mots de la mycorhize. Cette symbiose entre les racines des plantes et les mycéliums des micro-champignons du sol permet aux plantes de multiplier par dix leur surface d'absorption racinaire. Mieux encore, elle permet de multiplier par dix ou quinze la pression de pompage de l'eau par les plantes – autrement dit, de capter de l'eau là où des plantes sans mycorhize n'y parviendraient pas. Or, pour avoir une mycorhize dense, il est souhaitable d'agencer arbres et cultures (les arbres facilitent l'implantation de la mycorhize et assurent un pompage de l'eau dans des couches inaccessibles aux plantes cultivées) et il est nécessaire de ne pas appliquer de fongicides (qui tuent les micro-champignons du sol).

     

       Cultures denses et performantes en milieu aride du Sud de la France, sans aucune irrigation, conduites en bio et avec des arbres - Photos J. Caplat

     

    Les politiques publiques doivent former les agriculteurs et les aider à faire évoluer leurs pratiques, et non pas soutenir des pratiques intenables chez une vingtaine d'entre eux.

     

    Une irrigation ponctuelle et parcimonieuse

     

    Une fois restauré le B-A-BA de l'agronomie (sols riches en matière organique, bien structurés et toujours couverts ; arbres et mycorhize ; variétés adaptées et évolutives), il est bien sûr possible de recourir ponctuellement à l'irrigation. C'est notamment utile pour le maraîchage, et pour certaines cultures dans certains milieux (soja...). Je ne prétends pas qu'aucune irrigation ne soit justifiée. Mais elle doit être mesurée, éviter de provenir de la nappe phréatique, et respecter les milieux naturels. Cela est possible notamment avec des retenues collinaires, c'est-à-dire des petits équipements qui ne saccagent pas une vallée entière et qui sont dimensionnées pour servir d'appoint (et non pas de justification à une course en avant). Dans le cas de Sivens, il est parfaitement possible d'optimiser les retenues collinaires existantes – voire d'en créer quelques nouvelles si cela apparaissait vraiment nécessaire une fois l'agronomie remise d'aplomb.

     

    Le barrage en construction dans la vallée du Testet est non seulement douteux sur le plan politique et économique, et destructeur sur un plan environnemental, mais il est surtout injustifié et archaïque sur le plan agronomique. Il obéit à des réflexes d'un autre temps, où certains ingénieurs croyaient dompter la nature et lui imposer des concepts intellectuels. Il n'a aucune viabilité ni aucune cohérence dans le contexte du changement climatique. Et si nous entrions enfin dans le XXIsiècle ?

     

     

    Quelques sources précieuses pour comprendre la situation à Sivens : Reporterre, lettre ouverte de Benoît Biteau, Médiapart…

     

    Et pour ceux et celles qui veulent agir : la pétition d'Agir Pour l'Environnement

     

     

    « Savoir-faire ou savoirs paysans ?La bio peut-elle vraiment nourrir le monde ? »

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 13:53

    Salut Jacques,

     

    Riens à redire ! 

    FD

    2
    Jean (Tarn)
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 15:05

    Salut, votre discours est très orienté. Les forces de l'ordre ont demandé aux militants d'obéir et de quitter le terrain. Les militants ont résisté et il y a donc des mesures prises pour les faire fuir. Après l'accident n'était pas prévu.

    Les élus locaux ont décidé de faire ce barrage. Dans un état de droit les militants ne peuvent pas rendre justice eux-mêmes. Ils doivent passer par le droit. 

    Sur le plan agronomique ça se voit que vous réfléchissez hors sol. Les paysans locaux ne veulent pas utiliser les modes de production que vous préconisez.  D'ailleurs vos photos montrent des productions minimales. Vous voulez les obliger à pratiquer un mode d'agriculture qu'il ne veulent pas pratiquer. Ils refuseront. Et on ne trouvera personne pour les remplacer ou alors quelques paysans d'accord avec vos méthodes. Mais en tout état de cause il n'y aura pas assez de paysans qui veulent travailler comme vous le proposez. 

    Vous avez des principes, mais c'est de l'utopie qui vous le constaterez ne se concrétisera pas. Avec ou sans barrage. 

    3
    Colco
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 15:59

    Jean > 

    Sors de chez toi !

    Lâches ton ordi !

    Ne parles pas au nom des nombreux candidats à l'installation agricole qui sont bien réels et qui sont seuls à même de sauver nos sols et nos produits français étant donné que les exploitants en place ne savent plus faire des choix et entretenir pour leurs enfants le patrimoine dont ils ont eux même hérités. 

    Si ces candidats ne sont pas dores et déjà agriculteurs, ce n'est pas parce qu'ils n'existent pas, comme voudrait nous le faire croire les chambres d'agriculture, c'est parce que le foncier est accaparé par des "exploitants agricoles" qui n'ont rien en commun avec les paysans qu'étaient leurs parents et ancêtres et qui ne sont plus aujourd'hui que les chiens de garde du système qui les affament.

    Les lobbies agroalimentaires et des investisseurs foncier boulimiques, les politiques traîtres, les administrations corrompues, profitants tous des exploitants agricoles faibles et couards, mettent chaque jour un peu plus les agriculteurs sous perfusion financière comme ils ont déjà mis leurs production (animales où végétales) sous perfusion chimique.

    Et tu veux nous faire croire que c'est pourtant ça l'avenir de l'agriculture française !

    Triste vision !

    Moi je pense que doucement mais surement, vient le temps où les comptes vont être soldés et où chacun devra répondre de ses actes.

     

     

    4
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 16:05

     

    @ Jean :

    Si vous aviez pris la peine de consulter quelques infos sur mon compte (accessibles dans les colonnes latérales en un clic), vous auriez compris que votre phrase "Sur le plan agronomique ça se voit que vous réfléchissez hors sol" était non seulement déplacée, mais en fait tout simplement ridicule.

    Évidemment, pour quelqu'un comme vous qui a un avis préconçu, toute relation objective des faits apparaîtra comme "très orientée". Vous n'êtes manifestement pas venu pour discuter, mais pour asséner une parole officielle sans même prendre le temps de savoir à qui vous vous adressez.

    Je ne reviendrai donc pas sur l'enchaînement des faits, déjà présenté dans le billet. Je noterai simplement qu'il faut un sacré culot pour considérer qu'il serait normal que des gendarmes ordonnent à des jeunes de quitter un lieu public hors agglomération... alors que c'étaient les gendarmes qui n'avaient strictement rien à faire dans cette fête souriante et extrêmement calme.

    Quant aux possibilités d'évolution des agriculteurs, vous devenez insultant à leur égard. Ils sont bien plus ouverts que vous ne l'affirmez. Évitez de prendre vos slogans auprès des responsables de la FNSEA locale, qui est juge et partie (certains de ses responsables siègent au conseil d'administration du CACG) et qui ne représentent depuis longtemps plus les agriculteurs mais l'agro-industrie (cf. son président, par ailleurs président de Sofiprotéol, et qui n'est plus qu'un grand patron ne mettant pratiquement jamais les pieds dans une ferme). Sortez, visitez des paysans, apprenez la réalité des pratiques agricoles dans leur diversité. Commencez par cliquer sur les liens que je propose :-) et qui renvoient à des réalités précises et concrètes. Bref, renseignez-vous avant de prétendre parler d'agriculture. Ensuite, une discussion sera peut-être possible.

    5
    Un observateur
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 16:58

    Bonjour,

    Je voudrais attirer votre attention sur la position du syndicat des JA. Celle-ci est visible sur le site de La Dépêche : http://www.ladepeche.fr/article/2014/11/01/1983114-jeunes-agriculteurs-le-projet-doit-aboutir.html

     

    Discrets jusqu'à maintenant, les Jeunes Agriculteurs du Tarn se sont exprimés juste avant la séance publique du conseil général. «Nous avons toujours soutenu le projet et souhaitons que celui-ci aboutisse», avançait en préambule le président des JA du Tarn Roland Legrand. «Celui-ci est nécessaire pour conserver un territoire rural dynamique». Attaqués par les dénonciateurs d'une agriculture intensive, les JA entendent rétablir certaines vérités. «La taille moyenne des exploitations de la vallée est de 40 hectares, 23 hectares de moins que la moyenne des exploitations du département. Le soutien d'étiage permettra de maintenir des exploitations viables sur de petites surfaces, en sécurisant le volume d'eau nécessaire à la production de cultures à hautes valeurs ajoutées ou à l'autonomie fourragère de petits élevages. La retenue permettra également de maintenir une continuité écologique, notamment lors des périodes d'à-secs». Le président national, Thomas Diemer, présent auprès de la délégation locale, abonde dans ce sens : «Le projet de retenue permettra de donner des perspectives d'avenir aux jeunes ainsi que de faciliter les installations et les reprises d'exploitations. 7 sont prévues, dont la mise en place de cultures maraîchères et semences».

    Les JA dénoncent également les violences, les attaques aux personnes et aux riverains. «Il est difficile aujourd'hui d'engager le dialogue. Les gens sur le terrain n'ont plus la parole». Pour les agriculteurs sur place, l'inquiétude a pris le pas. «Un jeune éleveur de gibier a vu ses volières vandalisées. Une perte sèche. Certains craignent pour leur matériel». À ces menaces, les JA ajoutent les saccages perpétrés, déversement de substances dangereuses et polluantes, par quelques individus, sur la zone même défendue.

    Pour les JA, la retenue reste la garantie du maintien des exploitations agricoles nombreuses, à taille humaine et aux productions variées.

    6
    Jean (Tarn)
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 17:36

    C'est encore Jean,

    Excusez moi si j'ai pu vous offusquer. Je ne voulais pas dire que vous ne connaissez pas l'agronomie. Je voulais dire que vos connaissances agronomiques sont "hors sol" au sens ou elles ne sont pas les pratiques des exploitants du coin autour de Sivens. Je voulais dire que les paysans ou exploitants agricoles sont des agriculteurs qui ont déjà des pratiques, des connaissances, mais qui ne correspondent pas à votre agronomie. Votre agronomie est réellement applicable et appliquée en certain endroits, mais par des paysans impliqués, ouverts à vos techniques ou à celles que vous rapportez. Hors vous n'allez pas convaincre tous ces gens. 

    Votre blog est intéressant, mais venez dans la vallée, venez essayer de convaincre les paysans sur place. Vous n'y arriverez pas. Car c'est pas aussi simple que d'écrire un article de blog ou un livre. Vraiment ce n'est pas lié à vos qualités que je ne remets pas en question, mais vous ne pouvez pas changer la sociologie du monde agricole. 

    Ce qui va arriver c'est que les squatteurs à Sivens, quand le projet sera abandonné, ils vont partir sur une autre affaire, et sur place il restera une agriculture pauvre. De moins en moins de paysans, des fermes de plus en plus grosses, les hectares de ceux qui partent seront repris par des plus gros, et voilà le résultat. Et toute l'agitation autour de Sivens n'aura pas servi à donner vie à la vallée enchantée dont vous nous faites le portrait idéal. 

    Les agriculteurs veulent évoluer oui, ils veulent faire du maraichage, des cultures et de la valeur ajoutée et pour ça il faut de l'eau et vos micro-retenues collinaires ne suffisent pas toujours, en plus vous préconisez de les construire après avoir reconverti tous les agriculteurs à l'agro-écologie ou à vos pratiques. 

    Ne croyez pas que je suis de la fédé (FNSEA), il y plusieurs agriculteurs du coin qui n'ont leur carte que pour des avantages, pas par adhésion à toutes les politiques défendues par les dirigeants de la fédé.  Xavier Beulin c'est pas lui qui s'est battu depuis trente ans pour que ce projet voit le jour. 

    Mais moi je vous dis que vous défendez des choses que beaucoup d' agriculteurs du coin que je connais ne veulent pas. 

    Et ceux qui disent que des jeunes manquent de terres, c'est peut-être juste, mais franchement je ne vois pas les habitants de la ZAD rester là pour exploiter les terres. De toute façon les agriculteurs en place ne leur laisseront pas leurs terres. 

    7
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 18:23

     

    @ Jean :

    Merci de ces nuances et précisions.

    Le point de vue que vous exprimez est respectable, mais fataliste voire défaitiste : c'est un parti-pris. Vous considérez comme acquis que les agriculteurs ne changeront pas et que le productivisme continuera à conduire à détruire des emplois, détruire l'environnement, polluer les milieux et les aliments, etc.

    Les faits invalident ce fatalisme. Si vous saviez le nombre d'agriculteurs que j'ai rencontrés, qui correspondaient il y a dix ans au profil que vous indiquez et qui s'interrogent à présent sur leur évolution vers la bio !

    Notre responsabilité est précisément de les aider à comprendre que l'agriculture biologique est performante, peut être très intensive, est rémunératrice et correspond aux attentes de la société, puis de les accompagner dans leur transition (et pousser les pouvoirs publics à adapter les politiques agricoles).

    Pour votre information, les parcelles en photo que vous qualifiez plus haut de "productions minimales" sont extrêmement performantes et intensives :-). Bien que situées en zone aride et cultivées sans irrigation, elles obtiennent de tels résultats que même l'INRA (institut national de la recherche agronomique) a décidé de les étudier, avide de comprendre les techniques mises en œuvre par le paysan (sélection paysanne, agroforesterie, BRF, associations de cultures, etc.). Méfiez-vous des apparences...

     

    @ "Un observateur" :

    Les JA (syndicat des jeunes agriculteurs) est l'antichambre de la FNSEA, surtout depuis que son précédent président (qui avait des velléités d'autonomie) a été sèchement évincé lors du dernier congrès.

    Je ne suis pas sûr que leur propagande apporte beaucoup d'informations et de valeur ajoutée ici. Mais si vous y tenez... Cela illustre la rhétorique productiviste habituelle, y compris le couplet grandiloquent et très hypocrite sur le prétendu "maintien d'exploitations agricoles nombreuses", alors que toute leur politique vise à l'agrandissement et la concentration, et alors que l'expertise indépendante a sérieusement et indiscutablement mis en doute cette affirmation (seulement 30 à 40 exploitations concernées en hypothèse haute).

     

    8
    Gedeon
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 19:06

    Jean (Tarn) 


    Votre commentaire respire la FNSEA et l'agroalimentaire ! Il ne peut pas être objectif !! Dommage...

    9
    Jean (Tarn)
    Dimanche 2 Novembre 2014 à 19:10

    Et pourtant non je ne suis pas de la FDSEA. Et la réalité c'est que les jeunes de la zad vont partir une fois qu'ils auront empêché la retenue d'eau. Le développement agricole de la vallée par la valeur ajoutée ne se fera pas sans eau. Les exploitations vont encore s'agrandir. 

    10
    devine
    Lundi 3 Novembre 2014 à 00:30

    Sur les gendarmes et le coup de force : sans attendre la fin des recours, les travaux du barrage ont été lancés ; la plupart des officiers ont été des militaires dans des pays en guerre (Afghanistan, Côte d'Ivoire, etc.), habitués au maintien de l'ordre musclé. Ils ont bafoués tous les droits : expulsions illégales, dégradations, tabassages, chantages et menaces, violences volontaires, etc. Sur ordre car cette volonté d'écraser a duré  depuis un an. Depuis le 1er septembre, les exactions policières se sont multipliées, non pour répondre à des agressions mais bien pour casser les personnes, leur psychologie et leur physique,  et la ZAD a vécu quotidiennement sous embargo. Tout a été fait, au point même d'exciter les chasseurs locaux, qui ont arrêté leurs violentes attaques sous protection policière à partir du moment où la volière a faisan a été attaquée, on leur enlevait leur hobby... Content de savoir que c'est le syndicat des jeunes agriculteurs qui est derrière tout ça, qui est aussi à la manoeuvre avec la FNSEA. Les conflits d'intérêts ont été démontrés, notamment avec André Cabot, la CACG à la fois faisant le diagnostic de la nécessité du barrage et maître d'oeuvre, elle ne vit que sur fonds publics et uniquement si des barrages se construisent. Le gendarme qui a balancé la grenade dans la caravane est un officier avec qui j'ai discuté le jour de l'expulsion de gazad, il sait qu'il n'a rien à craindre et m'a affirmé que tout était couvert par sa hiérarchie. Le chef de la gendarmerie de Gaillac est directement impliqué, présent du débat à la fin des travaux, il savait qu'à plusieurs reprises il a déliberemment mis en danger la vie des personnes, que l'usage des armes les plus violentes se faisait avec le silence complice de la hiérarchie politique et policière, jusqu'au plus haut niveau. L'envoi du GIGN de Bordeaux a montré aussi ses limites, avec des hommes certes violents mais qui n'allaient pas jusqu'à tout faire, d'où une utilisation ponctuelle voire unique. Chacun  des protagonistes dans cette affaire va être poursuivi, autant par la famille de Rémi que les assos environnementales et d'autres, nous allons les retrouver les uns après les autres, nous parlerons à leurs familles, à leurs voisins, nous dirons à leurs enfant ce qu'ils ont fait, nous saisirons leurs biens, etc. Si les magistrats ne le font pas d'ici là... Merci à ce dirigeant des jeunes agriculteurs de se dénoncer sans se renier, il devra lui aussi répondre devant un tribunal et devant les agriculteurs de ses mensonges.

    11
    Thérèse
    Lundi 3 Novembre 2014 à 16:05

    @devine : Les forces de l'ordre n'ont fait que leur travail. Les manifestants devaient partir. Ils ont été sommés de partir. Ceux qui ont lancer des projectiles sur les gendarmes sont ceux qui ont causé la mort de Rémi. 

    12
    Lundi 3 Novembre 2014 à 17:06

     

    @ Thérèse :

    La seule chose qui soit certaine, c'est que la violence a été provoquée, depuis le début de la contestation du barrage, par les gendarmes. Je vous invite à lire les témoignages, très nombreux, sur le déroulement des faits. Je vous invite à réfléchir à la signification de l'épisode que je relate au sujet du déboisement réalisé à la hussarde juste avant que le Tribunal administratif ne puisse l'interdire. Je vous invite à regarder la vidéo mise en lien, qui prouve que les actes des gendarmes ne respectaient pas la légalité. Cela n'excuse pas qu'une poignée d'opposants aient durci leurs méthodes en réponse, mais n'inversez pas la causalité.

    Samedi 25 octobre, les gendarmes n'avaient certainement pas à demander à quiconque de partir : ils ne protégeaient rien et venaient déranger une fête inoffensive. Dans une démocratie, dans une telle situation c'est aux gendarmes de partir.

    Enfin, il est profondément indécent et irrespectueux d'asséner une phrase de déni à propos de la mort de Rémi. Celui qui a tué Rémi Fraisse, c'est celui qui a lancé la grenade. Il faut une audace intolérable pour nier ce fait élémentaire. Intolérable.

     

    13
    Philippe
    Lundi 3 Novembre 2014 à 18:29
    Colère, dégoût, incompréhension ...

    Peut être que Mr Carcenac Conseiller Général du Tarn, attendait patiemment son élection (contestée) au sénatoriales avant de calmer le jeu ? Sans la FNSEA, c'était pas gagné ! C'était un des enjeux majeurs .... le second étant la survie économique de la CACG.... l'intérêt général, c'est dans les dossiers !
    La mort de Rémi n'était pas prévue bien évidemment mais pour celui qui a suivi les événements, ce n'est pas surprenant, il y a une certaine logique, celle de la violence qui appelle la violence. Le droit bafoué, l'injustice ... rien ne justifie la violence policière.
    Quand la parole ne trouve plus sa place dans une société, le passage à l'acte et la violence sont inévitables.
    Les responsabilités sont claires.
    Et pour finir je vous invite à lire la charte de l'environnement, l'Agenda 21 du CG du Tarn. Le développement durable, une tarte à la crème ...
    C'est toute la politique du CG qui est discréditée par ces événements. L' incohérences (agriculture durable, bio, démocratie participative ......) saute aux yeux.

    Aujourd'hui je pense à Rémi, à sa famille, à ses proches... quel gâchis ... 21 ans !
    Demain nous resterons en veille active.
    J'ai une grande admiration pour les Zadistes avec qui j'ai pu échanger : Jeunes, avec des convictions, engagés, courageux, non-violents (contrairement à ce que les médias et les politiques essaient de faire croire), imaginatifs et créatifs, festifs, désintéressés (il n'ont rien à perdre) etc ...... je rêve de voter un jour pour un homme ou une femme ayant ces qualités.
    14
    gene
    Mardi 4 Novembre 2014 à 14:06

    je ne veux pas polémiquer sur la mort du jeune homme ; mais il me paraît évident qu'il faut adapter l'agriculture aux nouvelles conditions climatiques, l'inverse est voué à l'échec

    15
    Marie
    Mercredi 5 Novembre 2014 à 17:24

    @Jacques Caplat : vous dites : "les gendarmes n'avaient certainement pas à demander à quiconque de partir" 


    Enfin, il s'agit bien d'une occupation illégale des terres par des gens venu d'ailleurs. Ségolène Royal a d'ailleurs rappelé récemment qu'il s'agit d'une occupation illégale et elle a demandé l'évacuation de la zone. 


    L'escalade regrettable qui a eu lieu n'aurait pas eu lieu si les opposants étaient resté non violents. 

    16
    Jeudi 6 Novembre 2014 à 01:25

    Jacques, ta démonstration est implacable. Même un type ignorant de ces choses agro-alimentaires, comme je le suis, comprend cet argumentaire ! Cet article mériterait la plus large audience possible !


    Guy

    17
    devine
    Vendredi 7 Novembre 2014 à 10:39

    Rémi a bien été tué par un flic, une dizaine de jeunes éborgnés par des flics, des immigrés tabassés à mort par des flics, etc. La liste des exactions policières est longue, la liste des poursuites et condamnations pénales de ces flics criminels est inexistante...

    Il y a déjà un barrage illégal construit par le CG du Tarn, à Fonroque, tout a été saccagé et aucune condamnation pour les travaux illégaux et le passage en force. Pas de débat public non plus.

    Quant à faire du maïs dans le tarn...

     

    18
    Etienne
    Dimanche 9 Novembre 2014 à 15:51

    Toujours les mêmes commentaires béats. Non la vallée de Sivens ne se convertira pas aux méthodes que veut imposer Jacques Caplat. 

    19
    Etienne
    Dimanche 9 Novembre 2014 à 15:54

    Je pense que la Gendarmerie nationale n'a fait que son travail. La mort de Rémi est un accident, il n'aurait pas du se trouver au milieu de ceux qui agressaient les gendarmes à coup de projectiles contondant et de cocktails molotov. 

    20
    Dimanche 9 Novembre 2014 à 16:18

     

    Qui êtes-vous, Etienne, pour prétendre parler au nom des habitants de la région de Sivens ?

    Qui êtes-vous pour décider que la vallée du Tescou (qui ne s'appelle pas "vallée de Sivens", ce qui prouve que vous êtes un provocateur et n'habitez même pas dans le Tarn) devra constater le changement climatique sans s'y adapter ?

    Qui êtes-vous pour revendiquer d'accaparer 8,5 millions d'euros d'argent public pour 20 personnes (+ 6 millions en 20 ans pour le fonctionnement), ce qui est une gabegie insultante pour tous les chômeurs et toutes les entreprises en difficulté ?

    Qui êtes-vous pour oser considérer que lorsqu'un gendarme lance une grenade offensive dans le dos d'un homme qui s'enfuit, dans un lieu où les gendarmes n'avaient RIEN à faire ce soir-là, c'est la victime qui est coupable ?

    De quoi êtes-vous le nom, Etienne ?

     

     

    21
    Corinne D`ecle
    Dimanche 9 Novembre 2014 à 17:04

    instructif et révélateur, voilà une véritable information à diffuser largement pour contrecarrer la désinformation organisée des médias du devant de scène !

    Merci.

    22
    Lundi 10 Novembre 2014 à 02:24

    @ Etienne : qui que vous soyez, sachez que Jacques Caplat n'a pas vraiment besoin d'imposer quoi que ce soit. Il expose ce que tous les professionnels de l'agriculture devraient savoir et devraient faire savoir autour d'eux. Les techniques préconisées ici peuvent être adoptées immédiatement dans une perspective de transformation continue des modes d'exploitation des terres cultivables. Faute de quoi, ces techniques finiront par s'imposer d'elles-mêmes, mais dans la crise, dans la douleur, dans l'urgence et il est fort probable que vos(nos) enfants et/ou vos(nos) petits enfants devront s'y plier s'ils ne veulent pas crever la gueule ouverte (ce n'est pas une menace : c'est une prévision !) : ils n'auront pas le choix.

    Vous aurez peut-être sauvegardé votre mode de vie pendant quelques années (décennies...) et vous mourrez repus et content, mais vous aurez préparé l'enfer pour les générations qui vous suivent.

    Méditez cette phrase (qu'on attribue à Saint Expéry) :
    "Nous n'héritons pas la Terre de nos ancêtres. Nous l'empruntons à nos enfants !"

    23
    devine
    Mercredi 12 Novembre 2014 à 16:29

    Etienne, quand il y a la mort d'un manifestant, quand il y a des dizaines de personnes blessées, quand au fil des jours, semaines, mois la répression aveugle consiste à bousculer, mettre le feu aux affaires, gazer, viser à la tête avec des flash-ball et des lance-grenades, quand en pleins d'autres lieux les méthodes et résultats sont les mêmes, quand il y a des éborgnés, quand les arrêté-e-s sont le plus souvent des gens pris au hasard, quand les flics sont des casseurs, etc. on peut dire qu'il y a une volonté délibérée des autorités pour avoir une stratégie de la terreur et de la tension permanente. Quant dans l'assemblée on fait une minute de silence pour Clément et qu'on la refuse pour Rémi, il y a quand même là aussi des signes évidents qui montrent un réel problème dans une prétendue "démocratie" sur la réelle volonté de dialogue, de liberté d'expression, de "maintien de l'ordre", sans démocratie car sans débat public -3 grévistes de la faim ont demandé simplement cela pendant 2 mois au roitelet du Tarn, Carcenac-. Ce n'était pas un accident, c'était la conséquence logique d'une volonté d'écraser toute opposition par la force démesurée. Et encore, tous sont armés avec des vrais flingues, qu'il y a l'emploi de militaires pour mater les résistant-e-s... Pas un accident mais une "mise en danger de la vie d'autrui".

    24
    Dimanche 23 Novembre 2014 à 22:13

    Des infos exclusives sur le barrage de Sivens dans le Journal Détarné : http://lejournaldetarne.wordpress.com/

     

    25
    Mireillle
    Mercredi 10 Décembre 2014 à 21:27

    C'est TROP LONG .

    Pas l'temps d'lire

    Faut abréger . Les mots c'est pour communiquer pas pour se noyer !

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