• Sorti en 2012, L'agriculture biologique pour nourrir l'humanité (Actes Sud) visait au départ à présenter simplement l'agriculture biologique telle qu'elle est pratiquée, de fait, par la plupart des agriculteurs. Il répondait à une attente exprimée depuis plusieurs années par les organisations de paysans bio, à savoir disposer d'une présentation de leur mode de production qui s'appuie sur des réalités agronomiques et non pas sur des fantasmes ou des règlements. Mon but n'était pas de parler de l'agriculture biologique « au sens du règlement européen » (qui est un compromis politique et économique limité dans le temps et dans l'espace), ni « au sens des attentes de consommateurs urbains », ni « au sens des détracteurs de la bio ». Mon but était tout simplement de parler de la bio « au sens des paysans qui élaborent concrètement un mode de production pérenne et performant ».

    Il s'agissait de présenter l'agriculture biologique « telle qu'elle est capable de nourrir l'humanité ». En fin de compte, cela revenait à présenter la bio voulue par ses fondateurs dans les années 1930 et 1940, et pratiquée par la plupart des paysans bio d'Europe, d'Amérique du Nord et surtout d'Asie, d'Amérique centrale et du Sud, d'Afrique et d'Océanie.

    Un tel angle m'avait naturellement conduit à aborder la question alimentaire mondiale, et à démontrer que cette agriculture est parfaitement capable de nourrir le monde.

    Les sollicitations, très nombreuses, que j'ai reçues depuis lors m'ont renforcé dans la conviction que la méconnaissance de ce qu'est réellement l'agriculture biologique est une terrible entrave à son développement. Un agriculteur ne va pas s'engager dans un mode de production qui lui paraît (à tort !) limité et inefficace. C'était donc un préalable incontournable : démystifier l'agriculture biologique, revenir aux bases de l'agronomie, démontrer son efficacité indiscutable pour nourrir 12 milliards d'humains sans défricher un seul hectare supplémentaire.

    De conférence en projection-débat, de formation auprès de lycées agricoles en colloques, j'ai affiné et précisé cette démonstration. Sa version la plus aboutie et, si j'en crois les premiers retours, très pédagogique, constitue le premier tiers de mon nouveau livre, Changeons d'agriculture (Actes Sud). Je remercie les nombreuses associations et le public qui m'ont donné l'occasion de faire vivre cette démonstration et de l'enrichir : chaque question, chaque réflexion m'a nourri et a permis de raffermir ou nuancer mon propos.

    Ce préalable posé, il est possible de se poser les questions pratiques : comment développer l'agriculture biologique, ici et maintenant ? Les deuxième et troisième partie de ce nouvel ouvrage ébauchent les étapes d'une transition agricole réussie et mettent en lumière les moyens très concrets et immédiats dont disposent tous les citoyens (qui ne sont pas seulement des « consommateurs ») pour agir.

    L'agriculture biologique pour nourrir l'humanité était un livre-bilan, permettant de faire le tour des pratiques et des bénéfices divers de l'agriculture biologique. Aussi fluide et aisée que soit sa lecture, il abordait de nombreux sujets et servait avant tout de point d'ancrage à la connaissance et à la réflexion.

    Changeons d'agriculture ne se contente pas d'être beaucoup plus synthétique et vif : il est recentré sur la compréhension et l'action, et engage directement la transition, dans une démarche dynamique.

    Il sera disponible en librairies à partir du 7 mai.