•  

    Le nouveau ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, a annoncé mi-septembre la suppression du dispositif d'aide aux agriculteurs biologiques certifiés, dite « aide au maintien ». Cette décision résulte d'abord de l'inconséquence du gouvernement précédent dans la planification budgétaire des aides agricoles, dont l'actuel ministre a inconfortablement hérité. Mais elle traduit également un manque de courage politique du gouvernement actuel, car les sommes concernées (quelques centaines de millions d'euros) sont un grain de sable dans l'océan des récents cadeaux fiscaux. Elle était hélas prévisible depuis le début de l'été, et nous étions nombreux à l'avoir lue en creux dans les déclarations de Stéphane Travert depuis deux mois, malgré ses dénégations officielles. Au-delà du signal catastrophique qu'elle envoie au monde agricole, cette suppression témoigne d'un véritable déni des distorsions de concurrence titanesques qui pèsent sur l'agriculture biologique. Elle relève d'une vision néolibérale caricaturale (et totalement fantasmatique, car contredite quotidiennement par la réalité) et d'une grave incompréhension des mécanismes socio-économiques en jeu dans l'activité agricole.

     

     

    Marché bioPhoto J. Caplat

     

     

    Pourquoi une « aide au maintien » ?

     

    Le nom même de cette aide publique est plus que discutable et crée un malentendu dommageable. Lorsque la FNAB (fédération nationale d'agriculture biologique) a proposé la création de ce dispositif au tournant des années 2000, c'était sous le nom plus explicite de rémunération de reconnaissance. Je peux l'éclairer de l'intérieur puisque j'étais alors chargé des politiques agricoles au sein de la FNAB et que je fus de facto l'un des « pères » de cette mesure.

     

    Il convient d'abord de la distinguer de l'aide à la conversion. Cette dernière vise à compenser les pertes économiques inévitables subies par les agriculteurs conventionnels qui s'engagent en conversion vers l'agriculture biologique. En effet, lors des deux ou trois premières années de conversion, l'agriculteur (ou l'agricultrice) doit impérativement appliquer le règlement biologique, sans pouvoir encore vendre ses produits sous ce label : c'est un délai nécessaire pour « nettoyer » les sols, les plantes et les animaux et surtout pour réorganiser les pratiques. En outre, il faut bien cinq ans au minimum pour que le système agronomique ainsi modifié commence à retrouver un équilibre et à s'approcher d'une production optimale et rémunératrice. Les aides à la conversion sont donc incontournables et vitales, compensant un manque-à-gagner flagrant.

     

    Mais une ferme biologique ne vit pas dans un monde de papier où n'existeraient ni subventions, ni fiscalité, ni pollutions, ni pays voisins. Soumis à diverses distorsions de concurrence, les agriculteurs déjà certifiés bio (depuis 5, 10 ou 30 ans) se retrouvent pénalisés alors même qu'ils fournissent d'indiscutables et essentiels services à la collectivité. Il est légitime, et nécessaire économiquement, que les bénéfices apportés par l'agriculture biologique à la qualité de l'eau, de l'air, des sols, à la limitation des dépenses de santé, au maintien de la biodiversité, à la réduction du dérèglement climatique, soient rémunérés.

     

    Que ce soit clair : les agriculteurs biologiques n'ont jamais demandé à être « soutenus » pour une activité prétendument non-rentable, mais au contraire à voir leurs immenses services reconnus et justement rémunérés. C'est pourquoi ce deuxième dispositif a été établi dans pratiquement tous les pays européens dès les années 1990, la France restant dramatiquement à la traine en matière d'aides à la bio. Suite à de nombreuses négociations avec le ministère de l'agriculture (et avec le soutien constant du ministère de l'environnement) entre 2000 et 2008, transcendant les clivages politiques, les agriculteurs biologiques français, regroupés au sein de la FNAB, ont obtenu d'abord l'instauration d'un crédit d'impôt puis d'une aide au maintien. Celle-ci est destinée à tou-te-s les agriculteurs et agricultrices bio ayant terminé leur phase de conversion et n'étant plus éligibles au premier dispositif d'aide.

     

     

    Une rémunération de services rendus

     

    Le deuxième pilier de la PAC (politique agricole commune) vise notamment à rémunérer les services environnementaux rendus par certaines pratiques agricoles, au détriment de leur propre compétitivité brute. Il serait temps que les décideurs politiques comprennent que le prix d'un produit agricole est totalement biaisé et ne représente pas son « coût de production » réel. Parler de régulation par le marché est une aberration et la preuve d'une inquiétante méconnaissance de l'économie agricole. Le prix de vente résulte d'une addition de coûts directs, de coûts induits, d'externalisations (faisant injustement baisser le prix apparent au détriment de la collectivité), de subventions publiques ou privées, etc. Le « marché » n'intervient que pour une proportion minime (et se réduisant sans cesse) dans la constitution du prix d'un aliment.

     

    Un exemple est édifiant. La ville de Munich, en Allemagne, a décidé dans les années 1990 de passer son bassin versant en agriculture biologique, de façon à préserver sa ressource en eau face à un risque de pollution par les nitrates. Aujourd'hui, la somme des aides allouées par l'agglomération de Munich aux agriculteurs de son bassin versant pour qu'ils restent en bio représente 1 centime d'euro par mètre-cube d'eau distribué (aides directes, accompagnement technique, organisation de filières pour écouler les produits dans les cantines de la ville, etc.). Cela permet aux Munichois d'éviter de construire une usine de dénitrification, dont le fonctionnement revient en moyenne à 30 centimes d'euros par mètre-cube d'eau distribué. Vous lisez bien : payer les agriculteurs pour qu'ils soient en bio coûte 30 fois moins cher que dépolluer l'eau de ses nitrates. Même si la situation (et les coûts) peut varier d'un lieu à l'autre et si l'écart constaté à Munich ne se retrouvera pas partout, il est facile de prouver que la production d'un aliment biologique coûte moins cher, aujourd'hui, que la production du même aliment en agriculture conventionnelle (notamment lorsque l'on tient compte des coûts induits sur la santé).

     

    Pourtant, tout le monde peut constater que les produits biologiques coûtent aujourd'hui plus cher à l'achat, et que les agriculteurs bio sont bien obligés de pratiquer de tels prix s'ils veulent gagner leur vie. Pourquoi ce paradoxe ?

     

     

    Des distorsions de concurrence considérables

     

    C'est que l'économie n'est pas une équation simpliste. Un monde « toutes choses étant égales par ailleurs » n'existe pas, car l'économie agricole est basée sur de nombreux biais :

     

    • des héritages historiques (les exploitations ayant bénéficié de subventions massives depuis 40 ans ont évidemment utilisé cet argent pour construire des outils de stockage, spéculation et concentration industrielle qui leur permettent aujourd'hui de vendre moins cher que le coût de production loyal ; supprimer les aides ne suffirait pas à rétablir l'équité puisque cet héritage historique inique demeure, faisant de certaines exploitations céréalières les aristocrates du XXIe siècle),

     

    • le coût du travail (j'ai évoqué dans un autre billet combien le choix de faire peser les contributions sociales sur le travail et d'en exonérer le pétrole et le capital, conduit à une distorsion de concurrence astronomique au détriment des agricultures riches en emploi, l'écart de cette distorsion étant de un pour quatre soit 400 %, de quoi donner le vertige),

     

    • les subventions actuelles (tout le dispositif du premier pilier de la PAC conduit à attribuer une rente totalement déconnectée de la réalité de la production, favorisant sans aucune justification l'agrandissement au détriment de l'environnement ou de l'emploi, cette distorsion n'ayant là encore rien de « naturel »),

     

    • les subventions cachées au pétrole, aux transports à longue distance (entretien des routes), aux pesticides (gourmands en pétrole), etc.,

     

    • et bien sûr tous les coûts induits sur l'environnement et la santé, qui ne sont pas intégrés dans le prix d'un produit conventionnel – alors que le prix d'un aliment issu de l'agriculture biologique intègre par définition les économies qu'il induit pour la collectivité.

     

    Ainsi, d'un côté le coût de production réel d'un aliment bio est inférieur à celui d'un aliment conventionnel dès lors que l'on prend en compte l'ensemble des charges assumées par la collectivité (dépollution de l'eau, santé, biodiversité, dérèglement climatique...). De l'autre côté, le prix de vente d'un aliment bio est obligé aujourd'hui d'être plus élevé que celui d'un aliment conventionnel pour que l'agriculteur ou l'agricultrice gagne sa vie. Entre ces deux constats se trouve le monde réel, avec toutes les distorsions de concurrences, subventions cachées et coût externalisés que je viens d'évoquer.

     

    Imaginer que les agriculteurs biologiques pourraient être laissés dans un fantasmatique face à face libéral avec les filières agricoles conventionnelles, voilà qui témoigne d'un incroyable (et terriblement inquiétant) déni de ces distorsions de concurrence. Demander aux filières biologiques de s'ajuster par la magie du « marché », dans un contexte biaisé de A à Z où les coûts collectifs sont dissimulés, c'est faire preuve de cynisme ou d'inconscience. Et, quelle qu'en soit la cause, c'est indéfendable.

     

     

    Le retour d'une distorsion de concurrence européenne

     

    Il va de soi que la suppression des aides françaises aux agriculteurs biologiques certifiés, combinée à leur maintien dans tous les autres États-membres de l'Union européenne, va faire renaître une distorsion de concurrence au sein de l'UE, au détriment de la bio française. À coût de production identique, un agriculteur bio français devra compenser l'absence de rémunération de reconnaissance par une augmentation de ses prix, là où l'agriculteur bio allemand, italien ou autrichien pourra se permettre un prix de vente inférieur. Ce sera naturellement la porte ouverte aux importations, au détriment de l'organisation de filières biologiques territorialisées (donc au détriment de l'environnement) et au détriment de l'agriculture française. Est-il besoin de développer davantage cette évidence ?

     

     

    Paysage agricole en AuvergnePhoto J. Caplat

     

     

    Des fonds privés pour soutenir la bio ?

     

    Poussant jusqu'au bout sa théorie néolibérale, le ministre de l'agriculture propose que les filières agricoles financent elles-mêmes le développement de la bio, et que des fonds privés s'y ajoutent. Un tel raisonnement est ici encore consternant de méconnaissance des mécanismes agro-industriels. Comment peut-on sérieusement imaginer que les filières agro-alimentaires conventionnelles, basées sur la recherche d'un rendement financier optimal (rémunération des actionnaires, même s'ils sont dans certains cas formellement appelés « coopérateurs »), puissent par magie ou par une soudaine conversion vertueuse mystique, décider d'organiser des filières contredisant radicalement cette logique financière ? Comment peut-on imaginer que des filières ayant construit toute leur rentabilité sur des économies d'échelles verticales (spécialisation par filière, par produit) se réorganisent du tout au tout pour rechercher des économies d'échelles horizontales (par territoire, dans une complémentarité des produits en fonction des intérêts agronomiques des paysans) ?

     

    Sortons des théories fumeuses ! Toute l'histoire de l'agriculture biologique nous démontre que les filières agro-alimentaires sont prêtes à suivre une voie nouvelle lorsque leur survie est en jeu, mais pas d'ouvrir de nouvelles voies. Un exemple encore. Lorsque les céréaliers biologiques ont voulu diversifier leurs productions dans les années 1990, par nécessité agronomique (réorganisation de la succession des cultures et introduction de cultures nouvelles, pour préserver les sols et la fertilité), les coopératives céréalières existantes leur ont opposé une fin de non-recevoir : pas question de s'embêter à chercher de nouveaux débouchés pour des cultures nouvelles. Les céréaliers biologiques ont alors dû créer leurs propres coopératives diversifiées (Cocebi, Biocer, Corab...) pour créer eux-mêmes de nouvelles filières. Bien sûr, une fois ces cultures banalisées et les débouchés créés, les coopératives conventionnelles ont suivi, s'engageant à leur tour dans ces nouvelles filières et proposant aux coopératives bio des partenariats avantageux. Tant mieux : il est intéressant et sain que l'agro-alimentaire conventionnel se pose des questions, mûrisse, évolue et s'adapte aux nouvelles approches inventées par les agriculteurs biologiques. Mais ne soyons pas dupes, cette évolution n'est jamais pionnière, jamais dynamique, elle relève de l'adaptation à un changement provoqué par d'autres. Si nous avions dû compter uniquement sur les filières conventionnelles existantes, jamais les céréales biologiques n'auraient pu se développer en France depuis 20 ans. Il en est de même avec l'élevage (même si la plupart des groupements d'éleveurs bio des années 1990 ont été ensuite étouffés ou absorbés, ils ont été absolument nécessaires pour mettre en branle la filière).

     

     

    Une insécurité psychologique dramatique

     

    Il y aurait également beaucoup à dire sur la démobilisation et l'insécurité qu'une telle suppression fait peser sur les agriculteurs et agricultrices s'interrogeant sur une évolution technique. J'ai eu l'occasion de développer ces aspects anthropologiques et psychologiques dans un autre billet. Il est utile de rappeler ici que le changement vers une autre agriculture (en l'occurrence la bio) est une rupture sociale et mentale très lourde pour un agriculteur, qui demande à être accompagnée techniquement et économiquement mais aussi, et impérativement, à être sécurisée par un cadre politique clair et constant. Les changements de dispositifs, les retards actuels de paiement ou, pire, la suppression d'aides, découragent un nombre important de personnes qui envisageaient une transition et freinent scandaleusement l'essor nécessaire et urgent de l'agriculture biologique. La manière dont de nombreux décideurs politiques ignorent (de bonne foi) ces réalités anthropologiques fondamentales et pourtant flagrantes ne cesse de laisser pantois, voire d'effrayer.

     

     

    L'agriculture biologique n'est pas une niche, pas plus qu'un caprice privé. Elle relève du bien commun, de la transformation écologique des territoires, elle est consubstantiellement une affaire collective et publique. La confier à des fonds privés est un contresens qui ne peut conduire qu'à une « agriculture conventionnelle sans chimie », à une évolution technique au rabais, modifiant des gestes superficiels sans réformer réellement la structure agronomique des pratiques (ni la concentration industrielle des filières). Croire à une autorégulation fantasmatique d'un marché pourtant écrasé sous les distorsions de concurrences (que l'État est précisément là pour corriger ou compenser !) est consternant. Il est encore temps pour le gouvernement de revenir sur sa décision désastreuse. Autant une concertation franche avec les organisations biologiques pour imaginer des financements dans un cadre budgétaire difficile serait compréhensible, autant un désengagement de l'État et un abandon de la bio au seul « marché » conventionnel est un sabotage intolérable de la transition agricole et une irresponsabilité historique qu'il faudra bien assumer.

     

     


  •  

     

    Les cultures transgéniques bafouent l'agronomie et le développement

     

     

    Ce billet s'inscrit à la suite de celui consacré aux incertitudes scientifiques des manipulations génétiques. Il peut toutefois être lu séparément, puisqu'il aborde un tout autre aspect de la question.

     

     

     

    Après avoir longtemps prétendu que les OGM agricoles permettraient de réduire l'usage des pesticides, ce que toutes les études indépendantes contredisent rigoureusement, les partisans de cette technique essaient désormais de faire croire qu'elle pourrait être un outil de développement agricole. Bien au contraire, elle contribue à enfermer l'agriculture dans une impasse extrêmement dangereuse. Que ce soit clair : je ne parle pas ici des dangers environnementaux, qui sont toutefois réels, mais des dangers agronomiques.

     

     

    Une approche réductionniste qui bafoue l'agronomie... et la raison

     

    Il est aujourd'hui établi, et reconnu même par les institutions internationales pourtant conservatrices, que les techniques agricoles les plus performantes sont celles qui s'appuient sur les cultures associées (plusieurs cultures simultanées dans une même parcelle), l'agroforesterie, la diversité des lignées génétiques, l'adaptation au milieu et la valorisation de la main-d’œuvre. En outre, ces techniques-là sont les seules à être résilientes, c'est-à-dire capables de s'adapter aux variations climatiques. Les variations sont déjà naturellement importantes dans les milieux tropicaux (mousson irrégulière, sècheresses, typhons, etc.) et elles deviennent de plus en plus importantes en Europe et Amérique du Nord à cause du dérèglement climatique. Ces techniques d'avenir imposent une vision systémique ou holistique, c'est-à-dire de concevoir l'agriculture comme un système d'interrelations complexes entre environnement, plantes cultivées, animaux et humains. Il serait temps que certains biologistes moléculaires comprennent que le système hommes-plantes-sols est en co-évolution depuis des centaines de millions d'années (puisque les humains ne sont que la dernière étape d'une évolution commencée avec les premiers mammifères), et que son aménagement impose une humilité et une extrême rigueur méthodologique.

     

    Les biotechnologies sont par définition à l'exact opposé de cette approche. Elles relèvent d'une démarche intellectuelle totalement archaïque, qui consiste à réduire le réel à des équations simples et à négliger les interrelations complexes entre plantes et milieu. Elles ne permettent pas des adaptations permanentes aux terroirs, puisqu'elles sont obligatoirement standardisées, ce qui les empêche d'être résilientes. Avec les cultures transgéniques, chaque fois que subviendra une nouvelle maladie ou un problème climatique (sècheresse, pluies trop abondantes), ce sont des millions d'hectares de cultures qui seront impactés et dont les rendements seront balayés. C'est totalement irresponsable, voire criminel, dans le contexte planétaire actuel. La standardisation et l'uniformisation sont des approches du passé, même si elles prétendent s'appuyer sur des techniques modernes.

     

    J'insiste sur le fait que ce travers est consubstantiel aux OGM agricoles. Il ne s'agit pas d'un défaut à corriger, mais de leur définition-même ! Un OGM consiste par essence à prétendre « contrôler » et modéliser le vivant, alors même qu'aucun biologiste (et a-fortiori aucun généticien sérieux) ne peut affirmer connaître plus de 5 à 10 % des paramètres et des interrelations complexes en jeu. Il faut bien comprendre que cette imposture gravissime est bien plus vaste que la question de la régulation des gènes évoquées dans mon précédent billet. Elle concerne la constitution nutritionnelle et organique des plantes et animaux : le nombre de paramètres (minéraux, polyphénols, propriétés moléculaires des graisses, sucres et protéines...) et de combinaisons entre paramètres est si astronomique qu'une modélisation valable de l'alimentation nécessiterait un ordinateur de la taille de l'univers connu. Sur un plan scientifique, l'ambition des cultures transgéniques est une insulte à l'agronomie et à la raison.

     

    Ainsi, même l'argument fantasmatique qui supposerait l'apparition miraculeuse d'OGM décentralisés et reproductibles (qui relève d'un déni des réalités sociales et économiques, voir ci-dessous) ne tient pas, puisqu'il ne peut pas effacer ce biais scientifique fondateur et irrémédiable. Les OGM sont l'aboutissement caricatural de la pensée réductionniste, or le réductionnisme est dépassé depuis la fin du XIXe siècle (la physique quantique, la relativité, la théorie du chaos, la recherche médicale moderne... sont à l'exact opposé du réductionnisme). Les plantes transgéniques ressortissent ainsi plus de la « pensée magique » que de la science moderne.

     

     

    Une approche centralisée qui nie les fondements du développement

     

    En outre, les biotechnologies sont, là encore par définition et inévitablement, conçues en laboratoire et de façon centralisée. Leur rentabilité (et donc leur existence !) suppose une production en masse, vendue dans des terroirs pourtant différents, et une protection par des brevets. En plus de l'uniformisation dangereuse que je viens de décrire, cela conduit à nier les savoirs paysans et surtout à détruire toute dynamique de développement. Chaque société est le résultat d'une histoire et d'interactions complexes avec son territoire, qui se traduisent par une organisation culturelle, économique et sociale. Tous les spécialistes du développement1 insistent sur le fait que ce dernier n’est efficace et durable que lorsqu’il est endogène, c'est-à-dire basé sur des ressources internes (économiques, géographiques, techniques mais aussi culturelles et intellectuelles). Toute autre démarche ne conduit qu’à l’assistanat et la dépendance. En d'autres termes, il est impératif que les sociétés maîtrisent directement les choix techniques et sociaux qu'elles réalisent, à leur échelle propre. Il ne peut pas y avoir de développement lorsque des « savants » ou des financiers apportent à ces sociétés des techniques qui leur sont exogènes (extérieures) et qu'elles ne peuvent pas définir, créer, reproduire ou modifier elles-mêmes. Cette dernière démarche est celle du colonialisme, qui est aussi destructeur et odieux lorsqu'il se prétend paternaliste et bienveillant que lorsqu'il assume son cynisme prédateur. Or les OGM sont triplement exogènes : politiquement (car imposés par des acteurs extérieurs aux sociétés paysannes considérées), économiquement (car la diffusion des OGM est sous le contrôle des multinationales et de leurs objectifs économiques) et techniquement (puisque la création et la reproduction des OGM dépendent d’une technique que les paysans ne peuvent pas maîtriser à l’échelle d’un village ou d’une région).

     

    Pour cette raison, sur un plan anthropologique et économique, les OGM sont également un contresens total. Ce problème est bien évidemment renforcé par le fait qu'ils sont brevetés et diffusés par des multinationales, dont l'intérêt économique ne peut pas être celui des paysanneries du monde. Il faut beaucoup de cynisme (ou d'inconscience) pour prétendre croire que la rentabilité financière des actionnaires des multinationales puisse être compatible avec le développement agricole réel.

     

     

    L'exemple édifiant du « riz doré »

     

    Pour donner un exemple concret, certains chercheurs prétendent répondre à la malnutrition en Asie du Sud par une modification génétique du riz qui lui ajouterait de la vitamine A (« riz doré »). Même en imaginant que ce projet aboutisse un jour, ce qui reste douteux, ce serait tout simplement une catastrophe alimentaire et agricole. Ses partisans sont de dangereux irresponsables.

     

    En effet, les systèmes agraires traditionnels des civilisations du riz (Chine, Inde, Indochine...) étaient basés sur une très grande diversité de cultures associées, en rotation rapide avec deux à trois récoltes par an, incluant de nombreux légumes. Depuis l'industrialisation et la mal-nommée révolution verte, ils ont été spécialisés dans la monoculture obsessionnelle de riz, qui a uniformisé l'agriculture et poussé une partie des paysans vers les faubourgs urbains où ils meurent de faim. Il va de soi qu'un sol et un milieu agricole ne peuvent pas produire trois récoltes de riz par an sans se retrouver totalement déséquilibrés. L'appauvrissement du régime alimentaire sud-asiatique est le reflet de l'appauvrissement des sols, de l'agriculture et de la société. Même si le prétendu « riz doré » apportait des vitamines A en quantité correcte, il conduirait à renforcer l'aberration totale d'un modèle agricole détruisant le milieu et les humains, dans un cercle vicieux mortifère. De plus, la focalisation sur le riz provoquerait forcément d'autres carences, puisque personne ne peut modéliser l'alimentation de façon suffisamment fine pour introduire l'une après l'autre toutes les vitamines dans un aliment unique. Le mythe du « riz doré » est une négation de la science, et provoquerait bien plus de dégâts agronomiques et alimentaires qu'il ne prétend en résoudre. La solution alimentaire en Asie du Sud passe par une nourriture diversifiée, qui va de pair avec des cultures associées, des rotations et des arbres fruitiers, c'est-à-dire par l'agronomie et la réappropriation de l'agriculture par les paysans.

     

     

     

    Les OGM agricoles peuvent être séduisants pour le chercheur qui les crée dans son laboratoire, mais ces plaisirs intellectuels sont déplacés dès lors qu'il est question de nourrir le monde. Ils peuvent même être qualifiés de criminels puisqu'ils empêchent la mise en œuvre de vraies dynamiques de développement et n'ont aucune résilience face aux changements climatiques. Ils ne peuvent qu'appauvrir et fragiliser les systèmes agraires, et par conséquent provoquer à moyen terme des catastrophes alimentaires et sociales. L'avenir de l'agriculture est dans la réhabilitation de l'agronomie, c'est-à-dire d'approches complexes basées sur les interactions locales entre les sols, les plantes, les animaux, l'environnement naturel et les humains. Ces approches imposent de développer des variétés végétales très nombreuses qui s'adaptent à chaque milieu et évoluent en permanence avec lui, de remettre en valeur l'observation et les savoirs paysans, de multiplier les cultures dans chaque terroir (rotations et cultures associées) et de réaliser des micro-expérimentations diversifiées. En renforçant la centralisation et la standardisation, les OGM prétendent résoudre les problèmes de l'agriculture contemporaine... en en renforçant les causes !

     

     

    1  Jean-Pierre Olivier de Sardan, Georges Balandier, Pierre Pradervand, François de Ravignan, Céline Germond-Duret, Samir Amin, Philippe Lavigne-Delville...

     

     

     


  •  

     

    Qu'est-ce qu'un gène ?

     

     

    Je dois préciser que je ne vais parler ici que des organismes issus de transgenèse, c'est-à-dire les plantes et animaux habituellement désignés comme étant « OGM » (organismes génétiquement modifiés). Je reviendrai probablement dans un billet ultérieur sur d'autres modifications génétiques, telles que celles résultant de la mutagenèse aléatoire qui échappent actuellement à la réglementation européenne sur les OGM, ou encore celles obtenues par mutagenèse dirigée, que les industries semencières tentent abusivement d’exonérer de cette réglementation. Contrairement à l'étrange définition restrictive mise en avant par ces industriels et une partie des chercheurs institutionnels, la transgenèse n'est pas la seule « modification génétique » à poser des problèmes scientifiques et environnementaux. Pour autant, je me concentrerai dans ces deux billets sur la seule transgenèse, qui est un sujet à part entière.

     

    Ce premier billet rappellera ce que sont réellement un gène et un OGM, ce qui permet déjà de comprendre le grave problème posé par la transgenèse et l'imposture de ceux qui invoquent la rationalité scientifique pour défendre un jeu éminemment irrationnel. Un second billet expliquera leur inutilité agricole et montrera en quoi ils sont même la négation absolue du développement agricole et une cause inéluctable d'aggravation de la faim dans le monde.

     Photo : Bioalaune

     

     

    Une manipulation intéressante... en laboratoire

     

    La transgenèse, utilisée dans toutes les plantes, animaux et microorganismes actuellement présentés officiellement comme étant des OGM, consiste à insérer dans un ou plusieurs chromosome(s) (chaîne d'ADN, support de l'hérédité) une séquence d'ADN extérieure (provenant d’un autre organisme) qui ajoute une information nouvelle. Les cellules vivantes ainsi modifiées peuvent sécréter des protéines « étrangères » ou acquérir des caractéristiques nouvelles. C'est là un procédé très utile tant pour la recherche fondamentale que dans le domaine médical, pour plusieurs raisons. La première est qu'il permet de disposer de cellules combinant plusieurs caractères utiles pour une recherche donnée, et de mettre au point des protocoles expérimentaux instructifs, en particulier dans le domaine de la biologie cellulaire. La seconde est qu'il donne l'occasion d'étudier en quoi l'insertion d'une séquence d'ADN dans un chromosome va influer sur les mécanismes cellulaires, ce qui augmente le champ des connaissances en génétique fondamentale. La troisième, qui sort de la recherche proprement dite, est qu'il permet notamment de faire fabriquer des molécules médicales par des cellules que les scientifiques savent cultiver et contrôler.

     

    Ces différents usages sont discutables, mais parfaitement défendables et peuvent avoir une réelle utilité. Les OGM en tant qu'outils de recherche sont donc acceptables s'ils sont rigoureusement contrôlés et confinés. J'insiste : il s'agit bien alors d'outils, l’OGM n’étant pas ici une fin en soi. Ils sont des tournevis, des boulons, des pinces, c'est-à-dire des vecteurs pour d'autres travaux. Ils n'ont alors aucune raison de sortir des laboratoires – et ne doivent surtout pas en sortir.

     

     

    Un gène n'est pas un fragment d'ADN

     

    La transgenèse a été l'objet d'une mystification gravissime, celle qui consiste à assimiler le gène à un simple « fragment d'ADN », et à le considérer comme une entité autonome. Cette simplification, qui sert de base à toute la propagande des promoteurs des OGM, est soit une manipulation criminelle, soit une inquiétante preuve d'incompétence.

     

    Un gène est une entité complexe tant dans sa structure que dans son fonctionnement. Il a été identifié et défini un siècle avant que l'ADN ne soit découvert, ce qui prouve bien qu'il n'est absolument pas réductible à ce support moléculaire. L'information génétique détermine le fonctionnement cellulaire et les caractères de l'organisme. Mais toutes les informations contenues dans un « gène » (caractère, modalité de développement, synthèse protéique, etc.) sont le résultat d'interactions complexes entre les segments d'ADN, l’ensemble des autres composants de la cellule qui les abrite, et l'environnement1.

     

     

    Les interactions au sein de la chaîne ADN : un système qui dépasse tous les modèles

     

    J'ai bien écrit que chaque gène est le résultat d'interactions complexes, notamment entre les segments d'ADN, au pluriel. C'est en effet le premier mensonge des promoteurs d'OGM qu'il convient de rectifier : un gène n'est pas déterminé par un seul segment d'ADN, mais par plusieurs, qui interagissent entre eux. Il est utile de savoir que ces interactions proviennent notamment du fait qu'un chromosome n'est pas un tube spiralé bien aligné, mais ressemble davantage à un fil emberlificoté.

     

    Il est utile de visualiser le malentendu – et la réalité. Les chaînes d'ADN qui forment les chromosomes ont la forme d'une double hélice, ce qui conduit à les représenter ainsi :

    Double hélice d'ADN (zoomée)

     

    Cette représentation est exacte si l'on considère l'ADN nu, mais assez manipulatrice dans son usage habituel, toujours bien droite et zoomée. En effet, elle suggère une continuité linéaire, qui donnerait ceci en s'éloignant :

    Double hélice d'ADN en représentation linéaire (théorique)

     

    Or, ce brin rectiligne ne reflète pas l’état dans le quel l’ADN se trouve dans la cellule. Toute la mystification des promoteurs des OGM peut être résumée dans cette représentation... qui est fausse ou pour le moins simpliste. En couper un segment pour le remplacer par un autre semble simple et modélisable. Or, la réalité est tout autre, comme l'ont notamment montré Edith Heard et Guido Tiana. Les chaînes ADN ne sont absolument pas rectilignes mais emberlificotées autour de complexes de protéines, formant ce qu'ils appellent des pelotes :

    Chaîne ADN en représentation réelle (enchevêtrement à comprendre en 3 dimensions)

     

    Cette structure beaucoup plus complexe appelée chromatine est plus ou moins compact. Ce degré de compaction peut varier en fonction de divers signaux (hormonaux, cellulaires, environnementaux...), et va conditionner l’aptitude d’un gène à s’exprimer (à être fonctionnel). L'ajout d'un segment d'ADN à l'intérieur d'un chromosome ne se produit donc pas dans une ligne droite, comme le pensent implicitement la plupart de ceux qui ont vu les représentations classiques de la double-hélice, mais dans un objet replié sur lui-même en trois dimensions... et cela change tout ! Cette forme spatiale signifie que les différents segments d'ADN, associés à des protéines, sont plus ou moins proches les uns des autres et interagissent à partir de ces positions (déterminées notamment par leurs attractions ou répulsions électriques).

     

    La conséquence est d'une importance considérable : l'ajout d'un segment d'ADN modifie la forme spatiale du chromosome. Ajouter (ou supprimer) quelques bases d'ADN va déplacer les positions relatives des autres portions du chromosome, et conduire à réorganiser les rapprochements ou répulsions électriques. L'expression d'autres gènes va donc en être modifiée. Cette modification est actuellement totalement inconnue ; les chercheurs en génétique fondamentale savent qu'elle existe, mais ne peuvent ni la mesurer ni la prévoir. Laisser sortir des laboratoires des cellules dont les modifications sont impossibles à modéliser et à prévoir est une irresponsabilité ahurissante.

     

     

    L'épigénétique : la révolution de la triple hélice

     

    Mais cette irresponsabilité est encore plus importante. En effet, l'expression des chaînes d'ADN est non seulement régulée par les autres segments de la même chaîne, mais également par l'environnement. La vision réductionniste « un segment d'ADN = un caractère » est aujourd'hui totalement archaïque, totalement invalidée par la génétique moderne. Les généticiens savent désormais pertinemment que le fonctionnement des gènes est déterminé par des signaux cellulaires et environnementaux (facteurs épigénétiques) et pas seulement par l'ADN lui-même. Cela explique d'ailleurs pourquoi les différentes cellules d’un même organisme ont des spécialités différentes (cellules hépatiques, cardiaques, rénales, etc.) alors qu’elles contiennent le même ADN nu ! Dans un environnement différent (climat plus chaud, autre écosystème, évolution de la luminosité ou de l'humidité, etc.), un même segment d'ADN n’aura pas nécessairement la même fonctionnalité.

     

    Cette interaction profonde entre l'ADN et l'environnement, qui interdit toute réduction du gène à l'ADN seul et qui rend actuellement impossible la moindre prévision en matière génétique, a été joliment formalisée par le grand généticien étatsunien Richard Lewontin par la notion de triple hélice. À la double hélice moléculaire identifiée par Crick, Watson, Wilkins et Franklin (cette dernière, à l'apport pourtant décisif, est souvent injustement oubliée dans l'énumération), il ajoute une troisième : l'environnement. C'est notamment cette dimension qu'essaie d'intégrer la génétique des populations à travers l'étude d'organismes réels in situ.

     

    Je pourrais encore ajouter le problème de la pléiotropie, c'est-à-dire le fait qu'un même fragment d'ADN intervient dans l'expression de plusieurs caractères. Très souvent, en croyant modifier un gène précis, les OGM conduisent à en modifier plusieurs à la fois, sans le savoir à l'avance faute de disposer de modèles complets d'un système impossible à modéliser totalement.

     

     

    Un drôle de jeu...

     

    Pour toutes ces raisons, ceux qui prétendent qu'ils « savent » ce qu'ils ont modifié dans un organisme en y ajoutant un segment d'ADN sont soit de graves incompétents, soit des menteurs. Je pèse mes mots. Personne n'en sait rien. Une modification d'une chaîne d'ADN peut avoir des conséquences totalement imprévisibles sur le gène concerné ou sur d'autres gènes dont personne ne peut savoir qu'ils lui sont liés. Nous nageons dans un domaine qui nous dépasse entièrement et dans lequel nous n'en sommes encore qu'à déchiffrer l'alphabet sans en connaître la syntaxe. Y travailler en laboratoire est passionnant. Lancer des applications dans la nature est effarant voire criminel.

     

    Il n'est pas anodin de constater qu’un grand nombre de chercheurs en génétique fondamentale et en génétique des populations, c'est-à-dire ceux qui travaillent sur la compréhension de l'épigénétique et de l'expression complexe des gènes, sont opposés aux OGM hors laboratoires. Les chercheurs faisant la promotion des OGM ne sont que très rarement des généticiens ! Ils sont en réalité des biologistes moléculaires, qui savent utiliser les OGM en tant qu'outils et se font un plaisir de le faire... mais ne produisent que très peu de savoirs fondamentaux. Beaucoup d'entre eux n'ont d'ailleurs pas de formation poussée en génétique. La posture d'experts qui est la leur est, dans un nombre important de cas, une imposture. Savoir utiliser un outil n'autorise pas à se poser en spécialiste de sa conception ni à prétendre assurer de ses conséquences.

     

    Pour avoir moi-même participé à des concertations institutionnelles sur les OGM, j'ai pu constater à quel point les chercheurs qui font la promotion de la transgenèse se comportent en joueurs égocentriques. Leur défense des OGM est profondément irrationnelle, puisqu'elle s'appuie sur la négation des interactions entre gènes (structure spatiale de l'ADN) et de l'épigénétique ! Elle répond en réalité à une motivation ludique : les OGM sont leur terrain de jeu, et ils s'extasient devant les possibilités d'élargir son périmètre. Pour justifier la poursuite de leur jeu, ils doivent effacer (consciemment ou inconsciemment, donc par mensonge ou incompétence) la complexité réelle de l'expression génétique. Ils sont bien mal placés pour invoquer la rationalité scientifique alors que leur « omission » de la réalité de la génétique trahit chez eux une motivation foncièrement irrationnelle.

     

     

     

    NB : il est utile de préciser que cet article a été relu et validé par un généticien moléculaire.

     

    [Edit : Une étude publiée en décembre 2016 dans la revue Scientific Reports confirme très exactement la complexité des modifications induites par les manipulations génétiques, et l'imprévisibilité des conséquences globales de ces manipulations. Le présent article pourrait pratiquement en constituer l'introduction à l'attention du grand public.]

     

     

    1   Pour une compréhension de la définition réelle d'un gène, non-réductible à l'ADN, cf. Le Guyader Hervé, « Qu’est-ce qu’un gène ?  », in Le Courrier de l’Environnement de l’INRA, n°44, octobre 2001.

     

     

    Suite : Les cultures transgéniques bafouent l'agronomie et le développement

     

     


  •  

    Même si ce blog est avant tout un lieu d'expression écrite, il est utile de rappeler que l'essentiel de mon activité de « passeur » de solutions pour changer d'agriculture se déroule à l'oral, sous la forme de conférences-débats, de formations, de tables-rondes, de projections-débats, etc. (dont cette page donne un florilège).

     

    Deux émissions télévisées, auxquelles j'ai participé en début d'année, permettent d'illustrer cette activité, et, j'espère, de renforcer et multiplier les moyens d'informer, de former et de convaincre. Comme je l'indiquais dans un autre billet, mon objectif est celui de l'éducation populaire : donner à chacun les explications et clefs de compréhension pour se forger ensuite sa propre opinion, en évitant les mots d'ordre simplistes et la position d'autorité. J'espère y parvenir même dans ces formats courts qui ne facilitent pas la complexité et les nuances. À vous de dire si le pari est gagné.

     

     

    Interview par John-Paul Lepers dans l'émission « Vox-Pop » (Arte)

     

     

     

    Débat sur les semences dans l'émission « Samedi soir, dimanche matin, le débat » (Public Sénat)

     

     

     

     






    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires